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Au restau d’entreprise, sous les yeux de sa belle,
Il a pris du couscous, un fruit et une Tourtel.
Comme elle le regardait, il s’est senti hardi,
Et trop de harissa son assiette a rempli.
Si ses yeux ont pleuré ce n’sont pas les épices,
Mais de voir ce bellâtre, ce faux Romain Duris,
Qui arrivé la veille, au service commercial,
S’est sans aucune vergogne, installé à la table
De celle qu'il chérit, cette femme si aimable.
Voyez comment elle rit à ses vannes à 2 balles,
Cette fois la coupe est pleine, mais elle n’est pas buvable
Il se lève blanc, livide, et c’est Antisocial
De Bernie Bonvoisin, chef d’œuvre incontournable
Qui résonne dans le crâne du sous-sous-chef comptable ;
Il porte son plateau, son imper, son cartable,
Et la misère du monde qui maintenant l’accable.
Quelques heures ont passé, et la déconvenue
Commence à disparaître de l’esprit du cornu,
Mais comme gauche et malheur sont bien souvent pluriels,
Voici que le couscous, faiblesse fonctionnelle,
Secouant ses entrailles, rappelle au trésorier,
Qu’à cause de cette garce, il va encore en chier.
Ils avancent, côte à côte, avec dans le regard une étincelle que je leur envie.
Ils avancent, sans nous voir, seuls au monde.
Ils avancent, main dans la main, leur bonheur leur suffit.
Ils avancent, partageant un sourire, il fait doux pour la saison.
Ils avancent, sans parler, ils se connaissent si bien qu’ils se comprennent d'un mot, d’un mouvement de tête, d’un clin d’œil.
Ils avancent, pensant au plaisir de la Ricorée tiède qu’ils vont déguster ce soir, après la soupe aux poireaux.
Ils avancent, tranquillement, pourquoi se presser ?
Ils avancent, doucement, pour eux le temps s’est arrêté.
Mais pas le bus…
Guadalcanal, Mai 1943.
Flemmingham vient d’être touché. Papy voit l’avion de son ami plonger vers le Pacifique dans une torche très élégante. Pas le temps d’avoir des sentiments. Survivre. Fuir. Le plus loin possible. Oubliée l’étoffe des héros, il y a longtemps qu’il a pissé dans son froc, dès l’engagement du combat. Son F4U Corsair répond au moindre de ses mouvements, il ne tremble plus. Il va se battre. Il ne s’entend pas hurler quand il fond sur le Zéro, les 6 mitraillettes de 50 déchirent l’air et la coque du chasseur nippon, la fumée noire, puis l’explosion qui le remplit d’un bref sentiment de toute-puissance, comme à chaque fois. Je vais rentrer à la base, ajouter un autocollant sur mon avion pour cette victoire, je vais revoir Betty.
« Boyington, attention derrière
toi ! »
FX est en vie ! La voix de son compagnon de
chambrée le remplit de bonheur. Ce fumier qui ne se lave que lorsqu’il pleut
est un pilote de génie, Papy pense à l’odeur pestilentielle des chaussettes de
son camarade avec une tendresse qui lui fait peur. Le sifflement des balles qui
frôlent son Chasseur le ramène très vite à la réalité, il tire sur le manche
de toutes ses forces.
Le Zéro ne le lâche pas.
« Décroche Papy, décroche ! » hurle
FX.
Papy enchaîne les feintes, mais le Jap, s’il est
moins talentueux, est plus vif. L’excitation doit le gagner, il a du repérer
les victoires qui couvrent le flanc gauche de l’avion américain, ce soir ce
sera lui le héros.
« Décroche Papy bordel ! »
Papy est détendu. Lui qui a toujours eu peur de la mort ne ressent rien d’autre que la fatalité de l’instant, qu’il accepte sans révolte. Les balles nippones déchirent son aile droite, l’avion part en vrille, l’océan semble foncer vers lui, Papy n’a pas le temps d’avoir mal.
Paris, Janvier 2007
M. Onamura sort de chez Fauchon avec deux sacs remplis de thé cristal, d’éclairs smoking et de madeleines d’automne. Il pense à tous les cadeaux qu’il va pouvoir faire dès son retour à Kyoto.
Il lève la tête juste à temps pour voir le pigeon fondre sur lui et maculer son imperméable d’un jet de fiente imparable. Stupéfié, M. Onamura suit le vol du mystérieux volatile, qui disparaît après avoir effectué une vrille parfaite.
Un vieil américain au blouson de cuir hors d’age et à l’hygiène corporelle douteuse a suivi toute la scène depuis son fauteuil roulant. Il sourit alors que le pigeon revient comme pour narguer le touriste japonais souillé, effectuant un tonneau d’école. « Boyington…il faut toujours que tu fasses le mariole…»
Elmer Symons, un Sud-Africain de 29 ans vivant aux Etats-Unis, est le 12e motard tué sur le Dakar depuis sa création en 1979. C'est aussi la 47e victime du rallye qui a notamment tué 14 spectateurs, en 29 ans d'existence :
1979: Le motard Patrick Dodin se tue en chutant, alors qu’il tentait de fixer son casque en se rendant au départ de l’étape Agadez-Tahoua.
1982: Entre les Quatre Chemins et In Ecker, le Néerlandais Bert Oosterhuis se tue, victime d’une chute au guidon de sa Yamaha 1983: Jean-Noël Pineau, au guidon d’une Yamaha, se tue sur le tronçon bitumé qui le menait à Ouagadougou.
1986: Dans la liaison vers Sète (Hérault, sud), le motard japonais Yasuo Kaneko est tué par un chauffard. Le mardi 14 janvier, vers 19H00, un terrible accident d’hélicoptère, à 8 kilomètres de Gourma-Rharous, sur les bords du Niger, emporte le créateur du Dakar, Thierry Sabine, ainsi que les quatre personnes qui l’accompagnaient, le chanteur Daniel Balavoine, la journaliste Nathaly Odent, le pilote François-Xavier Bagnoud et le technicien radio Jean-Paul Lefur.
1988: Kees Van Loevezijn, le navigateur néerlandais du Daf de Van de Rijt, est tué sur le coup après avoir été éjecté du camion. Patrick Canado, coéquipier de Boubet, est tué sur le coup suite à une collision avec un autre concurrent.
1991: Charles Cabannes, pilote français d’un camion d’assistance, est tué par balle au Mali.
1992: Entre Syrte et Sabha (Libye), Jean-Marie Sounillac et Laurent Le Bourgeois, à bord d’une voiture d’assistance, se tuent après une série de tonneaux. Le motard Gilles Lalay disparaît, heurté dans la liaison par la Toyota d’assistance médicale.
1994: La course est endeuillée par le décès du motard belge Michel Sansen, victime d’une chute lors d’une liaison.
1996: Entre Foum El Hassan et Smara, Laurent Gueguen décède après l’explosion de son camion.
1997: Le motard amateur Jean-Pierre Leduc se tue sur les pistes maliennes.
2002: Daniel Vergnes, le préparateur des véhicules de l’équipe Toyota Trophy, est tué sur la liaison en direction de la ville d’arrivée de la 11e étape en Mauritanie.
2003: Le navigateur Bruno Cauvy se tue dans un franchissement de dunes dans la dernière étape libyenne, pour sa première participation au Dakar.
Lundi
10 janvier 2005: Le motard amateur espagnol Jose Manuel Perez, victime d’une
chute le jeudi 6 janvier lors de la 7e étape entre Zouerat et Tichit, en
Mauritanie, décède à l’hôpital d’Alicante, en Espagne, à l’âge de 41 ans. Après
être tombé, il avait été ramené à Zouerat, où il avait été opéré par les
médecins de Fidelia (qui suivent le rallye) pour un traumatisme abdominal
grave.
Il avait ensuite été transféré par un avion de l’armée mauritanienne de Zouerat
à Nouakchott, puis de Nouakchott à Dakar. Son état était stable et, dimanche,
il avait été transféré normalement par avion en Espagne, où il est arrivé à
Alicante dans la nuit de dimanche à lundi.
Mardi 11 janvier 2005: Le motard italien Fabrizio Meoni (KTM), double vainqueur du Dakar en 2001 et 2002, victime d’un arrêt cardiaque après une chute lors de la 11e étape du rallye-raid Dakar-2005 entre Atar et Kiffa, en Mauritanie, décède à l’âge de 47 ans.
Lundi 9 janvier 2006: Le motard australien Andy Caldecott (KTM) décède àl’âge de 41 ans à la suite d’une chute au km 250 de la spéciale de la 9e étape, longue de 559 km, entre Nouakchott et Kiffa en Mauritanie.
2006 : Le rallye 2006 a été endeuillé par trois drames qui ont coûté la vie à deux garçons heurtés par des véhicule.
OK, c’est pas une note, juste un copier-coller. Mais je n’ai trouvé le détail que sur les concurrents, pas sur les spectateurs. Parce que les spectateurs ils prennent des risques insensés aussi pour voir de très près les voitures, et puis ils n’ont pas internet, alors ça sert à quoi de donner des détails et puis après tout qu’est-ce qu’ils auraient fait de leur vie ? En plus ils n’achètent pas de 4x4, alors qu’ils en voient passer tous les ans, ils sont vraiment indécrottables.
On sous-estime l’enjeu du Dakar, son impact (Aïe !) sur les populations locales. Le Dakar apporte l’espoir et le développement là où il passe. En effet les familles des enfants qui traversent en dehors des passages protégés sont généreusement dédommagées de la perte de leur progéniture (les plus chanceuses reçoivent également un CD de Pascal Sevran dédicacé), en plus ils ont généralement beaucoup d’enfants alors c’est pas si grave et pour eux c’est une aubaine cette manne inespérée, et ces pays en voie de développement (Attention, voie sans issue) profitent largement des retombées économiques du Rallye. Par exemple, euh, et bien les fournisseurs de transmission satellite et d’hélicoptères locaux gagnent beaucoup d’argent, grâce au Rallye.
Lorsque le Dakar passe dans un village, pendant quelques minutes il donne aux habitants un aperçu de notre belle société : écologie, solidarité, tolérance, intégration. Par exemple, lorsqu’un enfant est intégré dans un pare-choc, le concurrent ne peut malheureusement pas toujours s’arrêter, s’il est bien placé au général il peut pas jouer un mauvais tour à son sponsor.
Et quoi de plus noble que ces gros moteurs diesel qui traversent à 200 km/h ces magnifiques paysages, que dire de ces merveilleuses images ramenées par de talentueux cameramen montés à bord d’hélicoptères pilotés par des as qui prennent des risques inouïs pour nous offrir chaque soir des images qui vont nous faire rêver, et nous donner une envie irrépressible d’acheter un 4x4 pour pouvoir grimper plus facilement sur les trottoirs (ben ouais, ils les font de plus en plus haut les trottoirs ces cons, c’est pour ça que j’ai acheté un Pajero V12, et puis c’est pratique y’a de la place pour les enfants).
A la fin, il y en a un qui arrive avant les autres, c’est celui qui gagne, alors il monte sur sa voiture et arrose les spectateurs et mécaniciens avec du champagne, c’est très émouvant. Tout le monde est là, du « poireau » à la star, fêtant dans une harmonie totale cette merveilleuse aventure mécanique et humaine.
La voie du développement est semée d’embûches, mais avec un bon road-book et 3-4 Dakar par an, nul doute que les disparités Nord-Sud ne seront bientôt qu’un mauvais souvenir.
Depuis que la belle Cécile l’a quitté pour son ami Johnny, Raoul n’est plus le même. Il traîne sa misère dans les rues, errant sans but précis, maraudant par-ci par-là de quoi subsister, évitant les grands boulevards fréquentés par les passants lancés dans la quête frénétique des achats de Noël, auxquels il préfère des impasses plus en harmonie avec son état s’esprit.
Ça n’est pas la première déception sentimentale de Raoul, on peut même dire qu’il les collectionne, mais cette fois-ci il était persuadé que c’était la bonne, alors la trahison du volage objet de son amour n’en est que plus douloureuse.
« Qu’est-ce que j’en ai à foutre de leurs vitrines clinquantes, de leurs gadgets dernier cri et de leurs foies gras mi-cuits ? » Sans Cécile tous les aliments ont le même goût, il ne mange plus, il picore à peine.
Sa peine est trop grande, il n’a personne à qui parler, il est venu dans cette grande ville pour les beaux yeux de sa douce, mais il n’a pas envie de rentrer dans son village, d'affronter le regard compassé de ses amis qui l’avaient mis en garde contre ce départ précipité.
Désespéré, Raoul fixe cette camionnette qui arrive à trop vive allure. Il est décidé, il va agir vite. Il avance vers le caniveau entre les chalands indifférents qui ne remarquent pas sa détresse, et attend l’ultime seconde pour se jeter sous les roues du livreur qui ne peut l’éviter.
Raoul est mort sur le coup. La fourgonnette ne s’arrête pas, au volant Michel branle du chef, incrédule : « quel con ce pigeon, c’est pas vrai ! »
Kirrssssssssssssszzzzziiiiiiiiiii
"Vous me dites si je vous fais mal hein !"
Krrrrrrrrrrraaaaaaaaaaaazzzzzzzzzzzzzzz
"J'vous fais mal ? Dites, faut bien vous brosser les dents hein là c'est pas nickel nickel vous sentez ?
- Arrrrrrrrrrrrh
- Pardon ?"
Graeezzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
"Vous voulez me dire quelque chose ?"
SSSSssssssssssssssszzzzzzzzssssssssshhhhhhhhzzzzzzz
"Non mais faut me dire hein, je m'arrête si ça va pas."
Sshhhhhhhhhhhhhhhhhh
"Voilà je mets un peu d'eau là où ça saigne....voilà....Mince, vous m'avez fait bouger, qu'est-ce que vous avez à me serrer le bras ? attendez j''arrête. Ca va ?
- Oui, ha va" (Espèce de pute ça fait 20 minutes que j'essaye de t'arrêter t'as pas intérêt à traverser devant ma voiture surtout que je vais t'attendre devant ton cabinet de merde le temps qu'il faudra et là on verra si tu peux te passer d'anesthésie toi aussi).
"Pour les petits travaux comme ça j'endors pas, faut vraiment être chochotte pour ARrrrrrrrrgggggggh"
(Merde, qu'est-ce que j'ai fait ? La roulette dans l'oeil et l'aspirateur autour du cou, personne voudra croire à un accident)
- Nan mais y'a pas de problème, docteur, he supporte bien la douleur (faut que je parle à mon psy de ces envies de meurtre tiens).