20h00, samedi soir.
Les 5 enfants sont chacun dans leur chambre, attelés à diverses activités silencieuses ou minutieuses selon l'âge, dodo, challenge du coloriage à réaliser absolument sans dépasser, mini paillettes à coller le long d'une longue ligne en zigzag, lecture d'une encyclopédie minimum, le retour de la momie en volume 3 maximum.
Et pour moi?
Pour moi, c'est le top sonore qui marque la fin d'une journée de 14h d'affilées, (pour l'instant), dédiée à tous, sauf à moi. Pfiou.
20h00, l'heure où la pression tombe d'un coup.
Et c'est là que je réalise pour la première fois que mon tee shirt est maculé de lait caillé, que mon jean est décoré de Petit Ecolier machouillé écrasé, que les lacets de mes baskets ne se sont pas ré-attachés tout seuls finalement, que mes cheveux ne ressemblent à rien, que j'ai 7 appels en absence de ma mère, que le contenu de la troisième machine de linge ne s'est pas étendu par magie, et que mon laptop n'avait plus de batterie à force de m'attendre en veille.
Pas grave.
A ce top sonore, c'est pour moi. Enfin. Un petit morceau de ma journée m'appartient encore. Et c'est maintenant.
C'est maintenant que je m'assoie avec un petit verre rempli de veritas, que je tape ces mots, avant d'aller lire mes blogs préférés.
Au prochain top sonore, je serai sur votre page;)
Wow. Je viens de réaliser: Je suis plus rentable que le Livret A.
La seule variable de ma journée, c'est le temps.
Ce qui est invariable, c'est le travail, les enfants, le couple, la maison, les 6 heures de sommeil par nuit, le blog;)
Et tout le reste relève de l'accidentel (le social and co qui se joue hors de l'enceinte du foyer ou du lieu de travail).
Ainsi, le seul élément sur lequel je puisse jouer, ce sont les minutes que je grapille à droite et à gauche, et que je suis libre de réattribuer selon mes invariabilités et mes accidentalités.
Mais pour grapiller des minutes, il faut vivre dangereusement les amis.
Je marche au minimum au pas de course, env. 8 km/h, en comptant les gens que je dépasse en guise de trophée.
Je zigzague entre les passants sans même m'en rendre compte.
Je m'impose sur les passages piétons qui n'ont pas de feu rouge (c'est absurde à Paris), jouant avec ma vie.
Je ne connais pas la file de droite des escalators.
Je descends les escaliers 3 à 3 en évitant avec brillo pour l'instant les foulures de cheville sur mes talons.
Je connais les raccourcis des stations de métro.
Je suis incollable sur les meilleurs wagons de RER pour accéder directement aux sorties.
Je suis diplômée agrégée du Shiva Institute pour mes 2 bras qui en valent 4.
Je connais les décomptes de minutes entre chaque passage du piéton rouge au piéton vert.
Je dépense systématiquement le double de calories que j'ai beau ingèrer.
Ben oui! Je vous vois rigoler doucement, mais que voulez vous? Les journées ouvrables (sans les 6 heures de sommeil) n'ayant que 1080 minutes, si j'en gagne 40 à réattribuer en toute liberté grâce à ma vie hyper dangereuse, c'est énorme les amis! C'est du 3,7% d'optimisation et de rentabilité pure et dure... J'explose le taux du Livret A;)
Deux voxeurs qui ne se connaissaient pas. Deux voxeurs que tout séparait, l'âge, la situation perso, l'identité culturelle, leur passé. Deux voxeurs qui ont tenté leur chance, en quête de la même aspiration: trouver la sérénité dans l'amour. Deux voxeurs qui s'attachent jour après jour, à célébrer cette romance d'aujourd'hui, commencée sur la toile et qui a donné cet enfant, Alexandre, 1 an ce 4 novembre.
Parmi les obligations qui incombent aux professeurs de français, il y a celle de lire un certain nombre de pseudo-auteurs tels que Marc Lévy ou Paulo Coelho. Je dois cependant avouer que Marc Lévy et Paulo Coelho sont des gens qui font rêver le modeste petit prof que je suis. Réussir à vendre des millions de livres, ce n'est pas rien. Aussi décidai-je, Noël approchant, d’écrire moi aussi un livre de Paulo Coelho histoire de renflouer un peu mon compte en banque. Autant vous dire que je n'allai jamais au-delà du premier chapitre. Et je dois bien reconnaître que Paulo Coelho a bien du mérite! Ecrire un de ses livres est une tâche particulièrement emmerdante et sacrément ingrate. Presqu'autant que d'en lire un, c'est vous dire. Mais comme je ne voudrais tout de même pas être le seul à m'être emmerdé, je vous livre tel quel le résultat de ma tentative avortée.
On
me demande souvent comment j'ai publié mon premier livre. Je dois avouer que
c'est un peu par hasard. En tout cas je n'avais certainement pas planifié de
devenir un auteur à succès.. A l'époque, je m'ennuyais beaucoup, et m'ennuyant
beaucoup, je n'avais rien trouvé de mieux à faire que d'écrire tout ce qui me
passait par la tête sur des petits carnets. Un jour que j'avais invité un ami à
manger, incidemment, je lui parlai de ces petits carnets.
Intrigué, il me demande s'il peut en lire un. L'idée me répugne un peu, je lui dis que ces petits carnets ne contiennent rien d'intéressant, mais il insiste tellement que je finis par accéder à sa demande. Il lit le carnet sans s'interrompre, me dit qu'il aime beaucoup, me demande à voir les autres. Je cherche dans mes affaires, trouve quelques autres carnets que j'avais remplis de la même façon, il les prend et me dit qu'il doit les lire chez lui, à tête reposée.
Quelques
jours plus tard, il me rappelle, dans un état d'excitation inhabituel, il me
dit que ce que je lui ai prêté est absolument génial, qu'il tient à le publier.
Or, il se trouve que cet ami est précisément le patron d'une importante maison
d'édition. Je lui dis qu'il peut publier mes carnets s'il le désire mais qu'il
doit se tromper sur leur valeur littéraire, qu'il ne réussira jamais à en faire
un succès de librairie. Il n'entend que la première partie de la réponse et se
lance aussitôt dans une entreprise éditoriale dont il pressent – à ce qu'il
dit- qu'elle pourrait bien être le coup du siècle. Pour tout dire son
enthousiasme me laisse sceptique et j'oublierais bientôt toute cette histoire
si la publication de ce que je dois bien considérer comme mon livre ne se
révélait pas être un énorme succès. Les critiques littéraires qui n'y
comprennent rien en disent le plus grand bien dans le seul but de passer pour
des gens subtils, puis l'engouement gagne peu à peu le public. Je n'en reviens
pas qu'un texte à ce point incompréhensible puisse connaître un tel succès
planétaire. Entre temps les critiques littéraires vexés d'être noyés dans la
masse de mes admirateurs se sont mis à dire du mal de moi pour ne pas faire
comme tout le monde.
A la réflexion je finis par comprendre ce qui fait le succès de mon livre. Comme ce que je dis ne veut rien dire, n'importe qui peut y comprendre ce qu'il a envie d'y voir. Je suis toujours étonné de constater à quel point les interprétations de mes lecteurs sur mon oeuvre peuvent diverger. On me prête des intentions que je n'ai jamais eues, un message que je n'ai jamais cherché à transmettre. Dans ces cas-là je réponds en hochant la tête d'un air de profonde réflexion : « je n'y avais pas pensé mais vous avez sans doute raison. »
Avec
le temps, j'ai appris ce que cela signifiait d'être un écrivain célèbre. Parmi
les obligations de l'écrivain célèbre, il y a celle de se rendre aux réceptions
mondaines. Ce n'est pas forcément ce qui me plaît le plus, mais cela fait
partie des obligations du métier. Après tout, même l'éboueur qui fait un métier
exaltant qui le remplit de la plus grande satisfaction possible est obligé de mettre
un uniforme qui ne correspond peut-être pas à ce qu'il est réellement.
Ce soir-là, j'étais donc convié à une réception mondaine. Sur le chemin, je rencontrai un clochard qui me demanda si j'avais un euro pour lui. Malheureusement, je n'avais que des pièces marocaines sur lesquelles figurait la représentation du roi de ce pays.
A
la réception, je discutais avec un sportif assez renommé dont j'avais oublié le
nom qui me dit d'un air mystérieux : « je sais pourquoi vous êtes
ici... » J'étais mal à l'aise, pourquoi me disait-il cela ? avait-il
appris que j'avais couché avec sa femme ? « oui, je le sais parce que j'ai
lu vos livres, je comprends bien pourquoi vous vous intéressez à la cause des
pandas du Groenland... » J'étais soulagé et en même temps embarrassé : je
n'avais jamais parlé des pandas du Groenland dans aucun de mes livres, mais il
fallait que je fasse comme s'il était évident que tous mes livres n'avaient
jamais parlé d'autre chose.
Plus tard, lors du dîner, j'essayai de suivre la conversation de mes voisins de table, mais je ne pouvais m'empêcher de repenser au clochard qui avait croisé ma route. Il était question de l'impact du réchauffement climatique sur l'écosystème du panda arctique. Naturellement, ma voisine, une femme d'affaires serbo-croate dotée d'une plantureuse poitrine, me demanda mon avis sur la question. J'aurais dû lui répondre que comme tous autour de cette table la disparition annoncée du panda arctique m'attristait profondément mais que nous étions tous plus ou moins responsables de cet état de fait. Pourtant la rencontre que j'avais faite m'avait tellement troublé que je répondis d'une façon inattendue. « Laissez-moi vous raconter une histoire. Tout à l'heure, j'ai rencontré un clochard qui m'a demandé un euro. Je n'ai pas pu lui donner ce qu'il demandait parce que je n'avais sur moi que des dinars marocains. »
Je m'interrompis un instant, constatant que tout le monde m'écoutait attentivement, se demandant où je voulais en venir, ce qui, je dois le dire, ne m'arrangeait pas étant donné que je ne savais pas du tout ce que j'allais dire ensuite. Alors je fis ce que j'avais l'habitude de faire avec mes livres : j'improvisai. « Saviez-vous quel était le nom de la monnaie en France sous l'ancien régime ? »Tout le monde me regarda d'un air interrogatif. « C'était le Louis! Et vous savez pourquoi la monnaie avait ce nom ? Non ? Parce que c'était le nom du roi régnant. Les gens acceptaient d'être payés avec une monnaie qui portait le nom de leur roi et qui était à son effigie. Parce qu'ils avaient confiance en lui. C'est un peu comme si, pour payer mes courses, je donnais à la caissière une photo de ma petite amie à laquelle j'aurais donné son nom. Simplement parce que je lui fais confiance. » C'est ce moment-là que choisit un célèbre violoniste jamaïquain pour m'interrompre. « Vous avez tort de lui faire confiance, j'ai couché avec elle pas plus tard qu'avant-hier. » Cette dernière réplique fit rire toute la table et l'on se désintéressa de mon histoire pour écouter le récit d'une artiste taïwanaise qui avait mangé du renard lors d'une cérémonie rituelle mongole.
Petit exercice préliminaire.
Pensez à une fois dans votre vie où vous avez eu mal.
Mal de chez mal, et je parle douleur physique (un accouchement sans péridurale, un bras cassé, etc...).
Voilà, vous y êtes, vous vous souvenez très bien de ce moment... vous avez eu si mal...
Vous vous en souvenez, certes. Mais la douleur physique, elle, a disparu.
Physiquement, vous n'avez plus mal, et même en y repensant de toutes vos forces, vous ne pouvez pas (heureusement) faire renaitre la douleur physique.
Ma démonstration ici, c'est de dire qu'il y a des choses qui ne peuvent que se vivre. Se vivre. En direct live.
Car si le moment est passé, vous aurez beau y repenser, elles ne peuvent plus se revivre.
Et si l'amour était comme ça? Et si l'amour ne pouvait que se vivre, en direct live?
Je n'en sais rien, mais j'ai l'impression que c'est le cas....
Et si c'est le cas, et bien on perdrait moins de temps à s'arracher les cheveux dessus en y pensant tout le temps, puisqu'il ne peut que se vivre, et non pas se penser ;)
Prenez ce Maitre du Monde: le lion. Son pseudo: le roi de la jungle. Pas mal. Mais creusons au delà des pseudos :)
Que fait le lion exactement? Le lion protège son territoire (il fait la guerre quoi). Que fait il d'autre? Pour féconder la lionne, il pratique sans souci l'infanticide quand nécessaire. Charmant. Et sinon? Bah sinon il dort.... 20 heures par jour. Faut c'qui faut.
Et la lionne ma foi, que fait elle? Et bien tout le reste pardi (faut bien que quelqu'un bosse:)). Gestation, mise bas, allaitement et éducation. Rien que ça. Mais elle a aussi un vrai boulot en fait: elle part à la chasse pour nourrir la meute, 7 kilos de viande par jour par lion, faut les trouver hein. Et pis y'a pas de Franprix.
Dans ces conditions moi je dis... si la vie est une jungle, alors les femmes sont ses lionnes :D
C'était ma minute National Geographic. Vous pouvez éteindre votre ordinateur, et reprendre une activité normale :p